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Jean-Marc Moriceau, historien des campagnes et du loup
Professeur émérite à l’Université de Caen, Jean Marc Moriceau est aussi président de l’Association d’Histoire des sociétés rurales. Il poursuit la longue tradition des historiens des campagnes en France, héritée des travaux de Marc Bloch et de l’école des Annales, rejoignant les grands modernistes comme Emmanuel Leroy-Ladurie, Pierre Goubert, Marcel Lachiver et son maître Jean Jacquart. Il est aussi membre honoraire de l’Institut universitaire de France.
Jean Marc Moriceau est né le 20 octobre 1956 à Paris dans le 17e arrondissement. Son père était Georges Moriceau et sa mère Josette Magnet. Mais en 1960, la famille déménage à Athis-Mons dans la banlieue parisienne où les grands ensembles ne sont pas encore sortis de terre. Il passe quelques vacances dans sa famille à la campagne dans le village d’Haudreville-sur-Heure où il s’habitue aux parfums de la campagne. D’autres vacances en Normandie et en Bourgogne ainsi que dans le Cantal, puis des interrogations sur le passé de son nouvel environnement à Arthis laissent présager d’une future vocation. C’est en tout cas dans cette bourgade qu’il effectue sa scolarité et s’intéresse à ses premiers cours d’histoire. Et c’est le passé d’Arthis qui l’intéresse dés le plus jeune âge lorsqu’il publie un premier ouvrage intitulé Arthis-Mons. 1000 ans d’histoire: Ve-XVe siècle, en 1972, suivi d’un inventaire de la documentation historique sur la même localité. Ensuite, élève en classes préparatoires au lycée Louis-le-Grand, Jean-Marc Moriceau intègre l’École normale supérieure entre 1976 et 1982 et est reçu premier à l’agrégation d’histoire en 1980. Enseignant en classes préparatoires au lycée Stanislas dans les années 1980 puis boursier de la fondation Thiers, il soutient en 1992 à l’université de Paris I, une thèse de doctorat d’histoire sous la direction de Jean Jacquart, portant sur les fermiers de l’Île-de-France, publiée en 1994, « ouvrage assez exceptionnel, destiné à marquer la production historique ». Cette étude se concentre sur la dynastie des plus grands fermiers de la région parisienne. Jean-Marc Moriceau ne fut pas l’élève d’Emmanuel Leroy-Ladurie mais il le fréquenta dés l’élaboration de sa thése, notamment en suivant son séminaire d’histoire rurale comparée de l’Europe moderne donné au Collége de France. Plus tard c’est Moriceau qui l’invitera régulièrement aux activités de son association. De lui, Leroy-Ladurie dira : Jean-Marc Moriceau est le grand historien du monde rural et du loup (Le monde des religions, 2009).
En janvier 1993, Moriceau publie alors un manifeste pour un renouveau de l’histoire rurale. Il annonce la création d’une association, l’organisation d’un colloque et le lancement d’une nouvelle revue. Il devient ainsi le fondateur de la revue Histoire & Sociétés rurales avec un géographe Philippe Madeline. Il anime avec lui le pôle rural à l’université de Caen où il dirige la collection Bibliothèque d’histoire rurale qui lui a rendu hommage récemment en publiant Les campagnes dans l’histoire, les mélanges que lui ont offert une belle brochette de ruralistes européens.
Au détour de ses travaux de recherche sur les campagnes franciliennes, Jean-Marc Moriceau relève des mentions d’attaques de loups sur l’homme et prend conscience de l’importance du canidé dans l’économie rurale. Il entreprend alors une vaste enquête sur les attaques de loups sur l’homme dont il produit une première synthèse en 2007. L’ouvrage a radicalement changé beaucoup de points de vue sur le loup et Jean-Marc Moriceau en établissant l’existence des loups anthropophages, s’est retrouvé bien malgré lui au milieu d’un débat opposant partisan et opposant du retour du loup dans nos contrées. Souvent invité dans les media et confrontés aussi bien à ces tenants d’hypothèses idéologique qu’à des pseudo-historiens, il répète inlassablement les conclusions d’un professionnel universitaire face à une série de prétendus historiens autoproclamés dont l’expérience de l’histoire se résume bien souvent à un an ou deux ans d’investigation